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Aurelie Dupont dans les coulisses de l'Opera Garnier le 23 septembre 2017.
Aurelie Dupont dans les coulisses de l'Opera Garnier le 23 septembre 2017. — ZIHNIOGLU KAMIL/LE MONDE/SIPA

Rien ne va plus à l’Opéra de Paris. Un sondage établi par la Commission d’expression artistique, un organisme interne élu par les danseurs, auprès de 132 danseurs du ballet de l’Opéra de Paris sous couvert de l’anonymat, révèle des tensions entre la direction d' Aurélie Dupont et la prestigieuse compagnie, déjà ébranlée il y a deux ans par le brusque départ de Benjamin Millepied.

Près de 90 % des danseurs estiment qu’ils ne « font pas l’objet d’un management de bonne qualité », 76,8 % disent avoir été victimes de harcèlement moral ou vu un collègue subir un tel traitement, et 25,9 % des sondés affirment même avoir été victimes d’un harcèlement sexuel ou avoir été témoins de ce type d’agissement.

La « stupéfaction » des danseurs

Le directeur de l’Opéra de Paris, Stéphane Lissner, a affirmé avoir « une confiance totale dans Aurélie Dupont », estimant qu’elle était « une excellente directrice de la danse ». Soulignant son « étonnement » sur la diffusion à une partie de la presse de ce document interne, il a promis qu’un dialogue sera établi pour « réfléchir calmement et comprendre ce que les danseurs veulent dire ».

Une centaine de danseurs, dont de nombreuses étoiles, ont fait part de leur « stupéfaction » après la diffusion du document. « La divulgation de ce questionnaire s’est faite sans le consentement des danseurs et à aucun moment les artistes interrogés n’ont pu concevoir que ce document soit utilisé à des fins contraires à leurs intérêts », indique le communiqué obtenu par l’AFP.

« Aucune compétence en management »

Les commentaires recueillis auprès des danseurs sont durs à l’égard d’Aurélie Dupont : « La directrice actuelle ne semble avoir aucune compétence en management, et aucun désir d’acquérir une telle compétence », affirme un danseur. D’autres dénoncent une « absence criante d’accompagnement », une « méconnaissance ou refus d’écouter les aspirations de beaucoup de danseurs » et surtout un « manque de dialogue ».

« Nous sommes des êtres humains, et non des pions que l’on déplace comme bon leur semble », s’indigne encore l’un d’eux. Concernant les cas de harcèlement sexuel, Stéphane Lissner a affirmé qu’il y avait une « tolérance zéro » et a appelé les danseurs concernés à en parler avec la direction.

Source de l'article : https://www.20minutes.fr/culture/2256099-20180416-harcelement-sexuel-moral-gros-malaise-sein-ballet-opera-paris
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