RADIO(S)

Une formation aux premiers secours
Une formation aux premiers secours — FRED DUFOUR / AFP
  • Chaque année en France, entre 40.000 et 50.000 personnes sont victimes d’arrêt cardiaque.
  • Le taux de mortalité est de plus de 90%.

Othmane le sait, il a eu, dans son malheur, une immense chance. Le 20 décembre dernier, cet ingénieur de 34 ans, amateur de triathlon, faisait un footing avec des amis lorsque son cœur s’est brutalement arrêté. Sa vie, il la doit d’abord à ses proches, formés aux premiers secours qui ont démarré presque immédiatement un massage cardiaque. Mais rapidement ces derniers ont été relayés par un pompier réserviste arrivé sur place avant les secours. Des gestes précis et efficaces qui lui ont permis de s’en sortir sans séquelle. « Sans ces interventions rapides, je ne me serais pas réveillé dans une chambre d’hôpital deux jours plus tard presque comme si de rien n’était », confie ce grand sportif. Le hasard d’une rencontre ? Pas tout à fait.

>> A lire aussi : Crise cardiaque: Comment l'éviter?

Depuis près de deux ans, la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) utilise l’application « StayingAlive » qui recense les défibrillateurs et alerte des sauveteurs bénévoles – surnommés « Bon Samaritain » - qu’une personne fait un arrêt cardiaque à proximité. « Concrètement, lorsqu’un opérateur téléphonique du 18 [le numéro des pompiers] est averti d’un malaise de ce type, il envoie une équipe de secours sur place et ouvre l’application pour voir si un volontaire se trouve dans un rayon de 500 mètres », explique Valerian Fuet, l’un des porte-paroles de la BSPP. L’idée est née d’un constat simple : chaque année en France, entre 40.000 et 50.000 personnes sont victimes d’arrêt cardiaque avec un taux de mortalité de plus de 90 %. Car chaque minute qui passe diminue les chances de survie de 10 %. « Les premières minutes sont décisives », insiste le sapeur-pompier.

Deux applications, un même objectif

C’est en partant de ce même constat que l’association SauvLife a lancé ce mardi dans la capitale une application éponyme qui fonctionne exactement selon le même principe de géolocalisation des sauveteurs bénévoles. « Lorsque nous avons commencé à réfléchir à ce concept, il y a près de trois ans, il n’existait aucune application gratuite disponible », explique le Dr Lionel Lamhaut, son président. Il se défend de tout doublon, voire concurrence, avec celle utilisée par les pompiers parisiens. « Notre objectif premier est avant tout de sauver des vies. Nous réfléchissons à ce que les deux plateformes soient interconnectées. » En clair : que les pompiers puissent entrer en relation aussi bien avec des bénévoles de SauvLife et de StayingAlive. Surtout, explique ce médecin urgentiste spécialiste de l’arrêt cardiaque, l’application n’a pas vocation à rester francilienne : il espère pouvoir en équiper rapidement tous les services d’urgence, Samu et pompiers.

Le concept semble en tout cas trouver un certain écho. En quelques jours, SauvLife a recensé 5.600 volontaires et StayingAlive a été téléchargée près d’un million de fois et 15.000 secouristes parisiens – pompiers réservistes, militaires ou personnes ayant suivi une formation au premier secours et ayant fourni un justificatif – se sont inscrits. Selon la BSPP, l’an dernier, à Paris et en petite couronne, 250 d’entre eux ont été alertés et 56 se sont déplacés. Et StayingAlive devrait bientôt compter un nouveau « Samaritain » particulièrement sensibilisé à la question : Othmane a d’ores et déjà prévu de s’inscrire à une formation pour apprendre les gestes de premiers secours.

Source de l'article : https://www.20minutes.fr/paris/2237087-20180313-arret-cardiaque-applications-sauver-vies
Partager