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Vue de l'extérieur de la prison de Brest où le détenu était incarcéré depuis le 13 novembre.
Vue de l'extérieur de la prison de Brest où le détenu était incarcéré depuis le 13 novembre. — Fred Tanneau / AFP

Il est âgé de 21 ans, originaire de Landerneau (Finistère), et il se présente sur sa page Facebook comme « un serviteur d’Allah ». Depuis mercredi matin, Anthony P. est activement recherché par les forces de l’ordre suite à son évasion de la maison d’arrêt de Brest. Le détenu fiché S a profité d’une extraction médicale pour se faire la malle à son arrivée à l’hôpital de Brest avec l’aide de deux complices qui l’attendaient à bord d’une voiture. En fin d’après-midi, le conducteur du véhicule s’est rendu de lui-même à la police et a été placé en garde à vue.

Lors des perquisitions, des téléphones portables ont été retrouvés dans la cellule du détenu, a indiqué une source proche de l’enquête, selon laquelle il était signalé en raison de sa conversion à l’islam, la pratique rigoriste de sa foi et un changement physique. Cependant, il ne tenait pas de discours rigoriste, ni avant ni pendant sa détention.

Déjà 23 mentions à son casier judiciaire

L’individu « fait l’objet d’une fiche S parce qu’il a une tendance à la radicalisation et qu’il est suivi pour ça », a indiqué Jean-Philippe Récappé, procureur de la République de Brest. Il n’a cependant jamais été condamné pour des faits de terrorisme ou d’apologie du terrorisme.

Bien connu de la justice, le fugitif a déjà un lourd casier judiciaire avec 23 mentions pour des faits de vols, dégradation et outrage notamment. Il était en détention provisoire depuis le 13 novembre pour « vol par escalade dans un entrepôt ». Sa détention devait se prolonger jusqu’en juillet.

Un détenu « dangereux » selon les syndicats pénitentiaires

Incarcéré à plusieurs reprises à Brest, notamment alors qu’il était encore mineur, l’homme a également été emprisonné à Nantes, selon Thierry Labrot, du syndicat UFAP de Brest, selon lequel il s’est radicalisé « à travers ses fréquentations qu’il avait en détention ». Il s’était laissé pousser la barbe, portait la djellaba et faisait cinq prières par jour, a précisé Thierry Labrot, disant regretter le manque de formation du personnel pénitencier face à de tels individus. « L’établissement de Brest n’est pas fait pour recevoir ce profil de détenus », a-t-il assuré.

Il est « dangereux », a jugé pour sa part Samuel Gauthier, secrétaire général du Grand Ouest de la CGT pénitentiaire, déplorant le fait que les agents chargés de son transfert n’aient pas été armés.

Source de l'article : https://www.20minutes.fr/faits_divers/2272675-20180517-brest-detenu-fiche-evade-prison
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