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Trois candidats à sa succession et pas un n’a de mots agréables pour Angela Merkel. Plus de 18 ans qu’elle dirige la CDU (Union chrétienne-démocrate d'Allemagne), une longévité hors normes, mais c’est l’heure des comptes. Les délégués du parti allemand élisent, ce vendredi 7 décembre à Hambourg, le successeur d’Angela Merkel à la tête du parti, qui pourrait aussi être le chef de file aux élections législatives, et par conséquent le potentiel futur chancelier.

Angela Merkel a beau avoir rebâti son parti après l’ère Kohl et les scandales de corruption, fait gagner les conservateurs quatre fois d’affilée, les trois candidats à sa succession : Jens Spahn, Annegret Kramp-Karrenbauer et Friedrich Merz veulent solder son héritage.

Jens Spahn, le jeune loup

À 38 ans, Jens Spahn est considéré comme trop jeune. Actuel ministre de la santé, il est très conservateur et anti-avortement. Il a beaucoup critiqué la politique d'acceuil des réfugiés d'Angela Merkel. Mais son programme est jugé trop semblable à celui de Friedrich Merz, beaucoup plus populaire. Jens Spahn prend date pour l'avenir.

Friedrich Merz, le revanchard

Cet homme d’affaires de 62 ans, millionnaire, libéral convaincu, a une revanche à prendre sur Angela Merkel qui l’a sorti du jeu politique en 2002. Seize ans plus tard, s'il gagne, et c’est bien possible, il signera un retour, un come-back politique rarement vu en Allemagne et ailleurs.

Annegret Kramp-Karrenbauer, la dauphine

Celle qui peut sérieusement contrarier le projet de retour politique de Friedrich Merz est surnommée AKK. Seule femme candidate, Annegret Kramp-Karrenbauer, 56 ans, est la numéro 2 du parti depuis le début de l’année. Placée à ce poste par Angela Merkel, celle qui paraît aux yeux de beaucoup comme "la dauphine" tente de se démarquer de la chancelière. C'est la favorite des sondages. Elle représente l'aile sociale de la CDU mais reste considérée comme " très conservatrice".

Angela Merkel critiquée de toutes parts

Un point commun entre ces trois candidats : ils critiquent Angela Merkel. Ils retiennent ses tergiversations. Ils lui reprochent des choix contraires à l’ADN du parti, faits en tant que chancelière du pays. Cette indifférenciation idéologique, cette façon de "gauchir" la CDU, d’en faire un parti social-démocrate bis, en mettant fin par exemple au service militaire obligatoire ou encore en actant la sortie du nucléaire. L’accueil aux réfugiés, l'adoption du mariage pour les couples de même sexe est également critiqué par certains membres du parti.

Certains à la CDU ne se sont pas retrouvés dans la politique de Merkel. Quelques-uns ont contribué à créer le parti d’extrême droite AFD. Et ceux qui sont restés lui reprochent d’avoir offert un boulevard à cette droite radicale. Les trois candidats se présentent au vote des délégués au terme d’une campagne interne très conservatrice et libérale. La seule voie possible selon eux pour faire revenir les électeurs et de stopper l’ascension de l’extrême droite.

Source de l'article : https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/allemagne/qui-pour-succeder-a-angela-merkel_3089113.html#xtor=RSS-3-[monde]
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